27.01.2012
Chapitre un - Les Mains coupées (4)
Ici j’ai accueilli pour la première fois. Un dimanche. C’était l’hiver. Les murs emplâtrés de plusieurs couches de papiers peints. Il y a une table en chêne et quatre chaises. Il y a des gens que je ne verrai plus jamais. Il y a moi avec aux pieds des chaînes. Oui, il y a longtemps que je m’oublie. Et qui, à part moi, s’en soucie ? Et même moi, je sais que je m’oublie.
Chaînes pour gens « libres », pour gens en peine.
Là est ton lit, dans cette pièce mi-salle-à-manger, michambre. Le carnet tout près de l’oreiller. Si l’envie te prenait d’écrire, mue par une inspiration soudaine. Si l’envie te prenait de… Treize ans de ta vie ! Quellehistoire !
Là sur le matelas, tu fermes les paupières. Combien de temps ? Une heure ? Deux heures ? Et le fer sur ton front brûle. Ça éclate dans la tête. Ça éclate sur tous les pores, sur tous les murs.
Garder soi entièrement.
Protéger soi…
Mais essoufflée… Et suffoquant…
Mais angoissée… Et oppressant…
Je ne sens plus rien, uniquement cette barre d’acier. Ici le mur, je peux le toucher.
Crier ?
Je ne sais pas crier. Les mots sont coincés. Ça se bouscule dans ma tête. Alors ?
Ecrire…
©Claire Roig
11:45 Écrit par etsijedisais dans Ecriture | Commentaires (0) | Tags : mains, écrire, écriture | |
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24.01.2012
Chapitre un - Les Mains coupées (3)
Et tu acceptes depuis treize ans cette couleur qui jaillit dans la pièce. Qui s’accroche aux yeux. Qui se propage sur tes mains. Ce n’est pas grave, dis-tu. Pendant combien de temps ? Tu écris là, avec dans ta main droite un stylo bleu et son encre rouge. Derrière chaque mouvement, une trace. Papier souillé, papier touché. Egratigné. Tu élances, tu bouscules le chemin. La vie n’attend pas. Et dans sa souillure, le papier offre sa page blanche.
Ici j’assassine.
Cette effraction, cette impudeur exhale une odeur qu’aucun mot ne peut couvrir. Et cette bougie qui éclaire ton crime est une pause, une accalmie. Ça réchauffe un peu ton coeur. Du moins, tu essaies de t’en convaincre.
La mèche n’existe plus. Celle de la bougie. Mèche éphémère. Mèche, sans bruit, s’éteint. Tu écris tout de même. Au-delà de toi. Au-delà de tout. La fatigue te cerne. Une barre entrave ton front. Tu lâches l’ombre de ta main. Tu lâches ce mystère qu’on appelle : écriture. Tu te lèves. Les mains encerclent ta tête, comme si elles pouvaient faire disparaître cette barre d’acier. Il est temps de t’allonger dans cette pièce où repose le matelas sur le sol.
©Claire Roig
12:16 Écrit par etsijedisais dans Ecriture | Commentaires (0) | Tags : mains, écriture | |
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20.01.2012
Chapitre un - Les Mains coupées (2)
Ici j’écris. Je suis ailleurs. Car il y a longtemps que je m’oublie. Il y a un long temps. Il y a longtemps que « je » oublie son jeu. Jeu de miroir, jeu de marionnettes. Une jambe là, une autre plus loin. Et les bras qui se balancent. Comme le vent.
Il y a d’autres « je ». Et toi, pour eux, tu n’es rien.
Je m’oublie. Pourtant ici j’écris. Je suis ailleurs.
Tu allumes une bougie. Toi qui d’habitude n’aime pas les bougies. Elles fondent à la chaleur d’une flamme. Une flamme qui manque, là, dans la poitrine. Tu écris à côté de la bougie. Le carnet posé sur une table. Un simple carnet. Noir. De grands écrivains ont écrit dessus. C’est la publicité qui le dit. Dans la cuisine rouge. Couleur choisie par d’autres, avant toi. Ce n’est pas grave.
Qui sont-ils ces « autres » ? Miroir, dis-moi, qui sont-ils ? Des ombres ? Des lumières ?
Une nuance qui t’est étrangère. Oublie.
©Claire Roig
10:41 Écrit par etsijedisais dans Ecriture | Commentaires (0) | Tags : mains, écriture | |
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18.01.2012
Chapitre un - Les Mains coupées (1)
Il est des visages dont on se souvient longtemps. Des contours, des traits qui deviennent familiers. De même pour les appartements. Des murs, des coins…
Ici j’ai dormi pour la première fois. Un mercredi. C’était l’automne. Les murs sont humides. Le papier est blanc avec des auréoles. La peinture du plafond s’écaille. Et la peau tombe par petits bouts. Une fenêtre sépare la pièce du jardin. Il faut prendre un escabeau pour plonger dans les herbes sauvages. Laides. Dures. Epineuses. C’est ainsi que je les préfère… sauvages !
Tu es seule ici et maintenant. Dans cet appartement qui t’a vu… éteinte. Tu es seule ici et maintenant. Dans le rose des murs peints. Couleur que tu as choisie, il y a si peu de temps. Et dans le rouge de la cuisine, présent depuis toujours, là, où tu écris.
©Claire Roig
19:38 Écrit par etsijedisais dans Ecriture | Commentaires (0) | Tags : mains, écriture | |
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07.01.2012
Concours - Résultats
Bonjour,
Donc pour un rappel:
- Le livre Elles est gagné par Phoebe;
- Le livre Le Oui de Paul Ricoeur est gagné par Jérome69.
Quant à L'insoutenable légèreté de l'être, c'est Corinneb qui l'emporte.
Il ne reste plus qu'aux gagnants de m'envoyer un message privé avec la rubrique "Me contacter" colonne de droite, pour me laisser leur nom complet, une adresse postale et une adresse mail au cas où j'aurais besoin de leur envoyer des messages.
Je vous remercie à tous d'avoir participé. Je vous souhaite une excellente année 2012.
Claire Roig
11:42 Écrit par etsijedisais dans Livre | Commentaires (0) | Tags : concours, résultat | |
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Concours - Premiers résultats
Bonsoir,
Pour le livre Elles, c'est Phoebe qui le remporte. Tandis que pour Le oui de Paul Ricoeur, c'est Jerome69.
Vous pouvez tout deux m'envoyer vos coordonnées en messsage privé dans la rubrique "Me contacter" colonne de droite.
Quant à Corinneb, Quitterie, Misstygris et Iwona46, vous connaitrez la réponse dans la journée.
Bonne soirée à tous.
Claire
00:07 Écrit par etsijedisais dans Livre | Commentaires (0) | Tags : concours, résultat | |
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